L’organisation Femmes leaders pour le progrès de la jeune fille (FELP/JF-RDC) a lancé ce vendredi 1er mai 2026, un appel à l’autonomie économique à l’endroit des femmes et des jeunes filles de la ville de Butembo (Nord-Kivu) et de ses environs. Cet appel intervient à l’occasion de la célébration de la Journée internationale du travail, commémorée le 1er mai de chaque année.
Liliane Musavuli, sa coordonnatrice, exhorte les jeunes filles à s’engager résolument dans le travail afin de garantir leur autonomie et de contribuer activement au développement de leurs familles.
Un appel à rompre avec la dépendance
Dans son message, la coordonnatrice de la FELP/JF-RDC a salué les femmes et jeunes filles qui ont déjà pris conscience de leur responsabilité individuelle en s’investissant dans des activités génératrices de revenus( AGR). Selon elle, le temps est révolu où la femme devait dépendre entièrement de l’homme pour satisfaire ses besoins matériels et financiers.
« Nous encourageons les jeunes filles et les femmes qui se mettent au travail, ces braves qui ont compris que leur vie ne dépend pas de quelqu’un d’autre. Elles sont responsables de leur propre vie. Nous les encourageons et les félicitons. Le temps est révolu où l’on pensait que, pour subvenir à ses besoins matériels et financiers, il fallait tendre la main à un homme ou fiancé, copain ou mari. Ce temps est dépassé, ” a-t-elle déclaré.
Liliane Musavuli insiste sur la nécessité pour chaque femme, qu’elle soit mariée ou non, de travailler afin de subvenir à ses besoins et de participer aux charges du ménage. Pour les femmes mariées, elle rappelle qu’elles doivent être un appui pour leurs conjoints, surtout dans un contexte socio-économique de plus en plus difficile.
“Les femmes doivent comprendre qu’elles doivent travailler pour elles-mêmes. Certes, pour une femme mariée, c’est une grâce d’avoir un mari, mais elle ne doit pas dépendre entièrement de lui. Elle doit plutôt l’aider et le soutenir face aux multiples charges et responsabilités de la famille,” ajoute-t-elle.
L’entrepreneuriat féminin encouragé
La responsable de la FELP/JF-RDC encourage par ailleurs les femmes à développer l’esprit entrepreneurial. Elle invite celles qui attendent un emploi formel à explorer d’autres opportunités, notamment la création de petites entreprises. Elle souligne que même les activités modestes, comme l’agriculture domestique ou la vente de produits locaux, peuvent constituer une source de revenus importante et contribuer à l’équilibre du foyer.
“Aujourd’hui, la vie est devenue très difficile. Si la femme continue de laisser toutes les charges à l’homme, celui-ci risque de s’épuiser rapidement. C’est pourquoi nous encourageons les femmes à travailler. Dans les ménages, les besoins sont nombreux. Une seule personne ne peut pas tout assumer. Elle doit donc apprendre un métier. Il existe plusieurs façons de travailler. Par exemple, entretenir un petit jardin et vendre des légumes est déjà un travail. Il ne s’agit pas uniquement d’attendre un emploi de bureau correspondant à ses études. Non. La femme doit aussi penser à créer sa propre activité, à être entrepreneure,” a-t-elle conseillé.
Préparer les jeunes filles à l’avenir
S’adressant aux jeunes filles, la coordonnatrice de FELP/JF-RDC, appelle à une prise de conscience précoce. Elle les invite à apprendre des métiers dès le bas âge afin de se préparer à leur future vie familiale et professionnelle.
“Dès la base, la jeune fille doit comprendre qu’une fois mariée, elle sera une aide pour son mari. Elle doit donc apprendre un métier. Elle doit se poser des questions : que puis-je faire ? Que puis-je créer pour être autonome ? Peut-elle apprendre la coiffure, la couture, ou lancer une petite activité génératrice de revenus ? Selon ses réalités, elle doit réfléchir à une initiative qui lui permettra de subvenir à ses besoins, de contribuer à ceux ses enfants et soutenir son mari“, a-t-elle expliqué.
Elle pense que plusieurs domaines accessibles aux jeunes filles, notamment la menuiserie, la maçonnerie, la conduite automobile ou encore d’autres métiers techniques, sont aujourd’hui ouverts à tous.
“Quant à la jeune fille non mariée, elle doit aussi se préparer dès maintenant. Elle doit apprendre un métier : menuiserie, maçonnerie, conduite, ou tout autre domaine. Aujourd’hui, il existe de nombreuses opportunités, surtout dans une ville comme Butembo. Elle doit entrer dans le mariage avec cette vision : être une aide réelle pour son mari, et non une personne dépendante. Penser rester les bras croisés en attendant tout de l’homme n’est plus acceptable.”
Faire face aux réalités socio-économiques
Dans un contexte marqué par la précarité et le manque d’emplois stables, la coordonnatrice de la FELP/JF-RDC met en garde contre la dépendance économique. Elle estime que faire reposer toutes les charges familiales sur l’homme peut fragiliser le foyer. Elle évoque notamment les situations où l’homme tombe malade ou perd ses capacités de travail, soulignant l’importance pour la femme de disposer d’une activité propre pour assurer la continuité de la vie familiale.
“Que se passerait-il si cet homme tombait malade ? Ou s’il décédait ? Que deviendraient les enfants ? Faut-il attendre ces situations pour commencer à réfléchir à une activité ? Il est important d’anticiper. Dans notre contexte, beaucoup d’hommes n’ont pas d’emploi stable et vivent de petits travaux. Si la femme reste à la maison en attendant uniquement ce que l’homme rapporte, cela devient risqué. Elle doit comprendre que ce modèle est dépassé ,” a-t-elle martelé.
Un engagement pour le développement familial
La coordonnatrice Liliane Musavuli a réaffirmé que le travail de la femme est un levier essentiel pour le développement du foyer et de la société. Elle appelle à un changement de mentalité afin que chaque femme contribue activement aux responsabilités familiales.
Emmanuel SYAVUTAWA



























