Le nouveau chef de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), James Swan, a échangé, ce jeudi 23 avril, avec les journalistes de Bunia (Ituri) et de Beni (Nord-Kivu) au cours d’une visioconférence. Au centre des échanges : la situation sécuritaire dans l’Est du pays et les priorités de son mandat.
D’entrée de jeu, celui qui fut également ambassadeur des États-Unis en RDC a rappelé que la MONUSCO travaille en étroite collaboration avec les services étatiques, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, en proie à des violences armées persistantes.
Une stratégie appelée à évoluer face aux groupes armés
Répondant à la question sur l’adaptation de la stratégie de la mission face aux groupes armés, le chef de la MONUSCO a reconnu la complexité de la situation sécuritaire dans l’Est. Il a indiqué que la mission entend renforcer ses stratégies ainsi que ses effectifs afin de mieux assurer la protection des civils, qui demeure au cœur de son mandat, dans les deux provinces sous état de siège confrontées aux violences armées de la part des ADF, les éléments de la CRP et d’autres groupes armés locaux.
Il a également insisté sur la nécessité d’une approche concertée avec les autorités congolaises pour faire face efficacement aux menaces sécuritaires.
Des priorités axées sur la protection des civils et le DDR
Après sa récente tournée dans certaines entités du Nord-Kivu et de l’Ituri, marquée notamment par la situation des populations sinistrées, James Swan a affirmé que ses priorités seront orientées vers la protection des civils et le renforcement du processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR).
Selon lui, la mission devra répondre de manière concrète et fidèle aux attentes des populations de l’Est, durement affectées par les conflits.
Rétablir la confiance avec les communautés locales
Interrogé sur la méfiance d’une partie de la population vis-à-vis de la MONUSCO, le nouveau chef de mission a reconnu les défis liés à la perception du mandat précédent. Il a toutefois assuré que des efforts seront déployés pour renforcer la proximité avec les communautés locales, à travers une communication plus active et des actions visibles sur le terrain.
Les autorités locales saluent une collaboration “transparente”
De son côté, le gouverneur de la province de l’Ituri a salué la qualité de la collaboration entre les autorités de l’état de siège et la MONUSCO, qu’il qualifie de « transparente ».
Il a par ailleurs appelé la population à ne pas céder à la manipulation ni aux fausses informations visant les Casques bleus, soulignant l’importance de maintenir une coopération étroite pour faire face à l’insécurité.
Une mission attendue au tournant
À l’issue de cette conférence, James Swan a réaffirmé son engagement à accomplir fidèlement son mandat, conformément aux orientations définies par le Secrétariat des Nations Unies, dans un contexte où les attentes des populations de l’Est restent particulièrement élevées.
La réussite de cette mission dépendra notamment de sa capacité à conjuguer actions concrètes sur le terrain, collaboration avec les autorités et restauration de la confiance avec les communautés locales.
Chantal Kahashi



























