Les miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) sont accusés d’avoir sauvagement tué quatre (4) femmes déplacées ainsi qu’un bébé qu’elles portaient. Le drame s’est produit dans la matinée du jeudi 14 mai, dans le village de Waliba, en groupement Utsa, dans la chefferie des Bahema-Nord, en territoire de Djugu (Ituri).
Selon les informations de la société civile locale, les miliciens ont pris d’assaut un groupe de femmes déplacées du site de Rhoo, parties à la recherche de nourriture dans leur village d’origine de Waliba. La majorité d’entre elles a réussi à s’enfuir de justesse. Les quatre femmes qui n’ont pas pu s’échapper ont été systématiquement massacrées par les miliciens, y compris un bébé que l’une d’elles portait sur son dos, rapporte la société civile des Bahema-Nord.
“Les déplacés ont quitté le site de Rhoo. Vous savez, pour le moment, ces déplacés mènent une vie misérable parce qu’il n’y a plus à manger, plus d’assistance humanitaire, ce qui pousse ces déplacés à se rendre dans leurs villages d’origine pour chercher à manger. Malheureusement, les miliciens de la CODECO sont venus et ont surpris ces déplacés dans leur propre village. Ils ont voulu massacrer ces déplacés. Les uns se sont sauvés de justesse et, malheureusement, ces miliciens ont attrapé quatre mamans, dont l’une portait un bébé au dos. Ces mamans ont été sauvagement abattues par ces miliciens de la CODECO, ainsi que l’enfant qui était au dos de l’une des mamans“, relate Charité Banza, président de la société civile des Bahema-Nord.
La société civile des Bahema-Nord condamne ce énième cas de massacre des populations civiles, de surcroît des déplacés de guerre qui n’ont toujours pas accès à leurs villages d’origine. Elle demande aux responsables administratifs locaux de s’impliquer dans la sensibilisation des miliciens de la CODECO afin qu’ils cessent les attaques contre les civils.
“Les différents chefs doivent s’impliquer très fortement dans cette affaire de sensibilisation de ces miliciens. Il y a des groupes armés qui ont déjà été démobilisés par les FARDC, mais les CODECO portent encore des armes et continuent à massacrer les gens. Trop, c’est trop. Nous demandons qu’une fin soit trouvée à cette série de massacres“, a-t-il déclaré.
Pour le président des forces vives des Bahema-Nord, il est inadmissible, voire inconcevable, que des populations civiles soient contraintes de vivre indéfiniment dans des camps de déplacés, sous la menace permanente des miliciens de la CODECO.
Charité Banza demande au gouverneur militaire de l’Ituri de s’impliquer afin que les populations vivant dans les sites de déplacés puissent regagner leurs villages et reprendre une vie normale. Il préconise également le recours à la force pour contraindre les miliciens de la CODECO à mettre fin aux exactions contre les civils.
“Donc, nous demandons au gouverneur de nous aider afin que ces déplacés rentrent dans leurs villages et de démobiliser, par des frappes militaires, ces miliciens qui portent encore les armes et qui deviennent hostiles à la population civile“, recommande-t-il.
Depuis plusieurs années, les miliciens de la CODECO sont accusés de multiples massacres de civils. Les déplacés figurent parmi leurs principales cibles. À plusieurs reprises, des campements de déplacés ont été attaqués, causant de nombreuses pertes en vies humaines.
Didy Vitava



























