Après les massacres perpétrés par les ADF, qui ont ciblé jeudi dernier le quartier Lalia dans l’agglomération de Biakato, en territoire de Mambasa, les activités pastorales sont paralysées dans plusieurs paroisses locales de l’Église évangélique du rite africain (EERA).
C’est le cas notamment de la paroisse Bethlehem située dans le quartier attaquée. Les chrétiens de la place ont tous fui vers le centre de Biakato, craignant un éventuel retour des terroristes dans la zone.
La même situation s’observe dans les paroisses de Sayuni au quartier Mupanda et Mitume, à l’ouest de Biakato où les populations, gagnées par la peur, se sont massivement déplacées à la suite de la même attaque. Par ailleurs, à Biakato Centre, la paroisse locale de l’EERA a accueilli un faible nombre de chrétiens ce dimanche.
Selon Monseigneur Georges Kataliko, Vicaire Général du diocèse Mangina-Ngoyo et responsable de cette paroisse, plusieurs fidèles ont hésité à se rendre à l’église, évoquant les risques d’une attaque terroriste en plein culte.
“Depuis le massacre de jeudi, une partie de l’agglomération d’où provenaient les rebelles est paralysée. C’est là que se trouve notre paroisse de Bethlehem. Presque la moitié des chrétiens de cette localité, en fuite, sont arrivés ici, à la paroisse de Biakato Centre, surtout ceux qui n’ont pas de familles sur place. Le pasteur s’y est rendu hier dimanche, mais il n’y a trouvé que deux fidèles. Ici, à Biakato Centre, le culte a bien eu lieu, mais il n’y avait pas vraiment de fidèles. De nombreux chrétiens disaient avoir peur de se rendre à l’église, de peur d’être attaqués en plein culte par les terroristes. La majorité est restée à la maison et le culte dominical n’a pas connu son ambiance habituelle. À notre paroisse de Sayuni également, le culte de ce dimanche a réuni les chrétiens qui ont fui la paroisse de Mitume. Les chrétiens de la place se sont déjà déplacés, les uns vers Butembo, les autres ailleurs. Les chantres ne sont plus là ; ce sont les enfants de l’ECODIM qui ont animé les cultes ce dimanche”, explique-t-il.
Le Vicaire Général de Mangina-Ngoyo appelle les autorités compétentes à mettre fin à l’activisme des ADF afin de garantir la paix et la sécurité à tous les habitants.
“Si ces massacres prenaient fin, les activités pourraient reprendre normalement dans la région. Nous avons besoin de prières, car les massacres paralysent les activités ecclésiastiques“, lance-t-il.
Après l’attaque de jeudi dernier à Biakato, les terroristes ADF ont également ciblé la localité de Makumo dans la soirée de ce dimanche 10 mai. Des responsables diocésains redoutent la paralysie des activités pastorales dans l’entité à la suite du déplacement massif des habitants.
Didy Vitava


























