Les deux chambres du parlement congolais ont entamé mardi 4 février leurs sessions extraordinaires pour proposer un plan de sortie de crise sécuritaire dans l’Est du pays. Alors que le Chef de l’État attend des élus nationaux et sénateurs des stratégies pour une paix durable à l’Est, le mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA), section de Butembo, au Nord-Kivu, veut voir les représentants du peuple partager aussi au Président Tshisekedi leur volonté de renoncer à une bonne partie de leur salaire afin de soutenir les forces armées.
Pour ce mouvement citoyen, les députés nationaux et les sénateurs ne devraient pas limiter leur action à proposer des stratégies. Ils devraient aussi faire part au Président de la République, de leur ferme volonté de renoncer à certains avantages et à une partie de leur salaire afin que l’armée soit dotée d’une logistique adéquate, adaptée à la menace que subit le pays.
“Les députés et sénateurs devront dire au Président que le peuple a besoin de la paix, le peuple veut voir les FARDC être soutenues sur le plan logistique et autre. C’est comme ça que nous disons que les députés et sénateurs devraient se manifester comme de vrais patriotes en exprimant au Chef de l’État leur volonté de céder certains de leurs privilèges et la réduction de leur salaire pour que l’armée soit bien équipée et encadrée,” a déclaré Jean-Pierre Kasma, militant de la LUCHA section de Butembo.
Inquiétudes face aux probables négociations avec les rebelles
Le mouvement citoyen pro-démocratie LUCHA se montre très craintif face aux probables négociations entre le pouvoir de Kinshasa et les rebelles du M23-AFC, qui occupent plusieurs villages et localités de la province du Nord-Kivu. Elle redoute fort les conséquences d’éventuelles négociations dans ce contexte où la République semble en position de faiblesse.
Elle insiste qu’avant toute négociation, le gouvernement congolais devrait d’abord s’assurer que la République ait un rapport de force sur le terrain :
“Avant d’aborder le volet diplomatique où on envisage des négociations, on doit d’abord se rassurer que la République a un rapport de force sur le terrain. C’est pour cela que le peuple ne veut pas voir des négociations à l’heure actuelle parce que nous sommes un peu à genoux. On occupe Goma et d’autres entités, le peuple veut qu’il y ait d’abord ce rapport de force qui soit équilibré,” a martelé Jean-Pierre Kasma.
Appel à une position ferme sur la scène internationale
Au cours de ces sessions extraordinaires, la LUCHA veut également voir les deux chambres du Parlement proposer des solutions concrètes visant à sortir le pays du gouffre. Elle souhaite que le Sénat et l’Assemblée nationale prennent des résolutions incitant le pays à se retirer des organisations régionales et sous-régionales, qui, selon elle, n’ont pas pris de mesures contraignantes contre le Rwanda, pays agresseur de la République Démocratique du Congo.
La LUCHA, section de la ville de Butembo, enjoint les deux chambres à pousser la République à adopter une position ferme face à la communauté internationale, qui, jusqu’à présent, s’est limitée à de simples déclarations sans infliger de sanctions concrètes et contraignantes à l’égard du pouvoir de Kigali.
Didy Vitava


























