Dans une province où les engins explosifs continuent de faire peser une menace permanente sur les populations civiles, huit militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) viennent de franchir une étape importante. Après six semaines de formation spécialisée organisée par le Service de lutte antimines des Nations Unies (UNMAS) de la MONUSCO à Beni, ils sont désormais qualifiés pour intervenir dans la neutralisation, l’enlèvement et la destruction des engins explosifs.
Au-delà de l’obtention d’un certificat, cette initiative répond à un enjeu majeur, celui de renforcer les capacités nationales afin de réduire les risques auxquels sont quotidiennement confrontés les habitants des zones affectées par les conflits armés.
Dans plusieurs territoires du Nord-Kivu, les restes explosifs de guerre continuent de menacer agriculteurs, écoliers, déplacés et autres civils. Grâce à cette formation, les bénéficiaires disposent désormais de compétences techniques leur permettant d’identifier, de sécuriser et de détruire ces munitions avant qu’elles ne fassent de nouvelles victimes.
Pour le capitaine Sylvestre Paluku Kalubenge, cette formation constitue un investissement pour la protection de la population. Il estime toutefois que les connaissances acquises devront être accompagnées par des moyens matériels adaptés afin de produire pleinement leurs effets sur le terrain.
« La MONUSCO nous a transmis les connaissances. À présent, il appartient au gouvernement de nous doter des équipements nécessaires afin que nous puissions sauver davantage de vies humaines », a-t-il déclaré.
Le chef des opérations d’UNMAS, Bruno Bouchardy, voit dans cette formation une étape vers une plus grande autonomie des institutions congolaises dans la gestion des menaces liées aux explosifs.
Selon lui, le transfert de compétences permet progressivement aux forces nationales d’assurer elles-mêmes la protection des populations et des infrastructures, tout en bénéficiant de l’accompagnement technique des Nations Unies.
Les autorités provinciales souhaitent désormais élargir cette dynamique. Le vice-gouverneur du Nord-Kivu, le commissaire divisionnaire Louis Secong Karawa, a plaidé pour que des unités de la Police nationale congolaise ainsi que le Centre congolais de lutte antimines bénéficient également de cette expertise afin de renforcer davantage la sécurité des civils.

Cette certification EOD de niveau 2 marque l’aboutissement d’un parcours commencé en avril dernier. Après une première phase consacrée aux notions fondamentales du déminage, les militaires ont approfondi leurs compétences en manipulation des explosifs, destruction des munitions, utilisation des équipements de protection et organisation des opérations de dépollution.
À travers ce programme, la MONUSCO et UNMAS réaffirment leur engagement à accompagner les institutions congolaises dans la réduction des risques liés aux engins explosifs. Un appui qui contribue non seulement au renforcement des capacités des forces de sécurité, mais surtout à la protection des populations civiles, premières victimes des séquelles des conflits armés dans l’est de la République démocratique du Congo.
Chantal Kahashi




























