Une nouvelle orientation dans la gestion des opérations militaires au Nord-Kivu vient d’être annoncée. Dans une correspondance attribuée au Vice-Premier ministre en charge de la Défense nationale et Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, le Gouverneur militaire du Nord-Kivu Somo Kakuke Evariste, est appelé à reprendre la conduite de l’ensemble des opérations militaires sur toute l’étendue de la province.
Cette instruction, qui s’inscrit dans le cadre de l’état de siège, marque une étape importante dans la recherche d’une plus grande efficacité dans la lutte contre les groupes armés qui continuent de menacer la sécurité des populations.
Cette décision intervient à un moment où le Nord-Kivu fait face à des défis sécuritaires persistants. Malgré les efforts déployés par les Forces armées de la RDC et leurs partenaires, plusieurs zones demeurent exposées aux attaques des groupes armés, notamment les ADF dans la région de Beni et de Lubero. Dans ce contexte, la question de la coordination des opérations militaires reste au cœur des préoccupations des autorités et des populations.
La reprise du commandement opérationnel par le Gouverneur militaire pourrait constituer un atout majeur pour renforcer l’unité de commandement. En centralisant davantage les décisions opérationnelles au niveau provincial, les autorités espèrent réduire les lenteurs administratives et améliorer la réactivité des forces engagées sur le terrain. Une chaîne de commandement plus claire pourrait faciliter la circulation des informations et permettre une réponse plus rapide aux alertes sécuritaires.
Cette mesure apparaît également comme un renforcement de l’esprit même de l’état de siège, instauré depuis mai 2021 pour permettre aux autorités militaires de disposer de davantage de marge de manœuvre dans la restauration de l’autorité de l’État. En redonnant au Gouverneur militaire un rôle central dans la conduite des opérations, le gouvernement semble vouloir consolider le leadership local dans la gestion des défis sécuritaires propres à la province.
Plusieurs observateurs estiment que cette approche pourrait favoriser une meilleure coordination entre les différents services de sécurité présents au Nord-Kivu. Les FARDC, les services de renseignement ainsi que les autorités administratives et locales pourraient ainsi travailler dans un cadre plus intégré, avec une vision commune des priorités sécuritaires.
Au-delà de l’aspect militaire, cette décision porte également un message politique. Elle traduit la volonté des autorités nationales de maintenir la pression sur les groupes armés et de réaffirmer l’engagement de l’État en faveur du rétablissement de la paix dans l’Est du pays. Pour les populations du Nord-Kivu, qui vivent depuis plusieurs années sous la menace de l’insécurité, toute initiative visant à améliorer l’efficacité des opérations militaires est généralement perçue comme un signe d’espoir.
Toutefois, le succès de cette nouvelle orientation dépendra de sa mise en œuvre sur le terrain. Les populations attendent désormais que ce renforcement du commandement se traduise par des résultats concrets notamment la réduction des attaques, une meilleure protection des civils, le retour progressif de l’autorité de l’État dans les zones affectées et la création d’un environnement favorable au développement économique et social.
Dans une province où la sécurité demeure la principale préoccupation, cette décision pourrait ainsi ouvrir une nouvelle phase dans la lutte contre les groupes armés, avec l’ambition de rapprocher davantage le Nord-Kivu de la stabilité tant attendue.
Chantal Kahashi




























