La situation sécuritaire dans le territoire de Rutshuru demeure préoccupante au deuxième trimestre de l’année 2026. Dans un rapport dressé par l’ONG Badilika Droits Humains, plusieurs zones dans les chefferies de Bwito et Bwisha, formant le territoire de Rutshuru restent marquées par les violences armées, les violations des droits humains et une crise humanitaire persistante.
Le rapport indique que les populations civiles vivent dans un climat de peur permanente, caractérisé par des affrontements entre l’AFC/M23 et les groupes Wazalendo, mais aussi par des cas d’exécutions sommaires, d’arrestations arbitraires, d’enlèvements et de violences sexuelles. Certaines victimes auraient été ciblées sur base d’accusations de collaboration avec les FARDC, les Wazalendo ou les FDLR.
Des civils tués et accusés de collaboration
Plusieurs incidents meurtriers sont rapportés dans différentes localités du territoire. À Nyamilima, dans la nuit du 2 au 3 juin 2026, une femme de 43 ans et son fils de 20 ans auraient été tués par balle à leur domicile après l’intrusion d’un homme armé. À Kiseguro, le même jour, au moins dix civils auraient été exécutés après avoir été accusés de collaborer avec les FDLR. Plusieurs autres personnes arrêtées auraient été transférées vers la prison de Kanyangavi à Rutshuru-Centre, certaines familles restant sans nouvelles de leurs proches.
Le rapport mentionne également qu’entre le 11 et le 12 juin 2026, au moins dix civils, dont trois femmes et deux enfants, auraient été exécutés dans les localités de Kilima, Nyagisozi et Mayengo, dans la chefferie de Bwito. Les victimes auraient été accusées d’avoir des liens avec les groupes Wazalendo ou les FDLR, sans que des preuves publiques ne soient fournies.
Arrestations et disparitions inquiétantes
Les arrestations arbitraires restent une préoccupation majeure dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23. Selon Badilika Droits Humains, le 14 juin 2026, au moins dix femmes et enfants auraient été arrêtés à Mukondo alors qu’ils se rendaient dans leurs champs. Ils auraient été conduits vers une position des combattants M23 avant certains transferts signalés vers Kishishe.
Le rapport fait également état d’une centaine de jeunes arrêtés entre avril et juin 2026 dans le territoire de Rutshuru, avec des inquiétudes exprimées sur leurs conditions de détention et l’absence d’accès régulier des familles aux personnes détenues.
Les axes routiers restent dangereux
Les routes du territoire de Rutshuru continuent d’être affectées par l’insécurité, particulièrement l’axe Kiwanja-Rwindi-Kanyabayonga sur la Route nationale numéro 2. Les voyageurs, transporteurs, conducteurs de motos-taxis et commerçants sont régulièrement exposés aux embuscades, enlèvements, pillages et attaques armées.
Le 4 avril 2026, un convoi de véhicules a été attaqué à Busendo, dans le Parc national des Virunga. Deux civils auraient été tués, plusieurs autres blessés et des passagers enlevés. Un autre cas d’enlèvement a été signalé le 31 mai sur l’axe Kiwanja-Kanyabayonga, visant notamment un prêtre du diocèse de Goma, un jeune couple et leur chauffeur, libérés après des négociations.
L’éducation et les activités économiques perturbées
L’insécurité continue également d’avoir des conséquences sur l’éducation. Dans la sous-division éducationnelle Rutshuru II, couvrant notamment le groupement de Bambo, certains élèves n’ont pas pu participer à l’Examen national de fin d’études primaires (ENAFEP) en raison des violences persistantes. Plusieurs villages comme Lusuli, Kanyangohe, Kashuga, Birambizo, Ibumba et Karambi restent affectés par les affrontements et les déplacements de populations.
Badilika Droits humains appelle toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire, à protéger les civils et à garantir l’accès humanitaire aux populations affectées.
La rédaction


























