La coordination provinciale de la société civile du Nord-Kivu, a réagi, mercredi 12 octobre, aux propos du porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général de brigade Sylvain Ekenge. Elle déclare que cet officier des FARDC devrait « être humble et avouer que l’état de siège n’a pas obtenu le résultat escompté », sans traiter les forces vives de « structure manipulée et instrumentalisée par les politiciens » suite à ses multiples critiques et observations faites de cette gouvernance exceptionnelle.
Dans sa réaction à l’évaluation faite de l’état de siège par le porte-parole du gouverneur militaire, le premier vice-président des forces vives du Nord-Kivu estime qu’il est inopportun de jouer aux accusations.
Edgard Katembo Mateso démontre que la situation sécuritaire demeure préoccupante au travers de la province en dépit de l’effectivement de l’état de siège. Il parle des massacres des civils à Beni, de l’activisme des groupes armés qui s’affrontent dans plusieurs entités et de l’occupation d’une partie du territoire national par le Rwanda, sous le label du M23.
« La société civile vit la situation du Nord-Kivu au quotidien. Nous estimons que c’est ne pas le moment des accusations, nous pensons que c’est mieux de faire le constat sur terrain. On a pas besoin d’être manipulé par un acteur politique de quelle tendance qu’il soit pour constater qu’une partie de la République Démocratique du Congo en territoire de Rutshuru est occupé par les Rwandais, les civils continuent à mourir dans le territoire de Beni et dans la province de l’Ituri, égorgés par les ADF comme on les a toujours appelé. L’ennemi est capable de circuler à travers les villes entrain d’assassiner les civils, entrain de déposer des bombes, entrain de dévaliser des prisons. Des groupes armés continuent à occuper les territoires congolais et surtout se battent sur le sol congolais contre les FARDC en dépit de l’état de siège. Et penser que pour constater cela il faut attendre que l’on soit manipulé, alors c’est avoir une mauvaise lecture ou alors vouloir trompé l’opinion tant nationale qu’internationale », a-t-il démontré.
Le premier vice-président de la coordination provinciale de la société civile, forces vives du Nord-Kivu, explique par ailleurs que le débat serait réorienté sur le bilan de l’état de siège, “s’il avait été décrété pour des fins autres que sécuritaires”. Il pense que cette mesure doit être levée faute de résultat, plus d’une année après son instauration.
Dans un entretien accordé le mercredi 12 octobre à RFI, le porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu a affirmé que la sécurité a été rétablie dans certaines entités de la province jadis sous menace des détenteurs illégaux d’armes. Le général de brigade Sylvain Ekenge a cependant mentionné que les recettes de la province ont « doublé ».
La Rédaction




























