Après la demande de pardon formulée par le fondateur et autorité morale du parti politique Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A), également deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, à la suite de ses propos contre une éventuelle modification de la Constitution, un politologue estime que cette démarche constitue un acte de lâcheté politique.
Arsène Kaputu, enseignant à l’Université officielle de Ruwenzori (UOR) à Butembo, l’a déclaré mercredi 11 mars 2026. Selon lui, ce changement de position de Bahati Lukwebo reflète certaines pratiques politiques observées dans plusieurs pays africains, notamment l’absence de culture de contradiction au sein des familles politiques.
Selon ce politologue, la position initiale du président de l’AFDC-A, Modeste Bahati Lukwebo, doit d’abord être comprise sous plusieurs dimensions, notamment celle du citoyen congolais, du responsable politique et de l’un des animateurs d’une grande institution de la République. Il rappelle également que Modeste Bahati Lukwebo, en tant que chef d’un parti politique, défend une idéologie et un projet de société inspirés de la social-démocratie.
« En tant que citoyen congolais, il jouit de la liberté d’expression, de la liberté d’opinion et de la liberté de pensée, garanties par la Constitution. À ce titre, il avait le droit d’exprimer son désaccord face à une éventuelle modification de la Constitution. Qui dit démocratie parle du respect des textes et de l’alternance au pouvoir, surtout une alternance civilisée et une passation pacifique du pouvoir. C’est dans cette logique que sa prise de position pouvait être comprise », souligne-t-il.
Cependant, le politologue s’interroge sur la démarche de l’autorité morale de l’AFDC-A, qui est revenue sur ses propos. Il estime que cette situation reflète certaines pratiques politiques observées dans plusieurs pays africains, notamment l’absence de culture de contradiction au sein des familles politiques.
« Demander pardon après avoir tenu une conférence de presse donne l’impression qu’il n’a pas assumé ses déclarations. Pour moi, cela peut être considéré comme une forme de lâcheté politique. Lorsque l’autorité morale prend une position, les membres sont souvent obligés de s’y conformer. Cela renvoie parfois au culte de la personnalité, où la parole du chef devient incontestable », analyse le politologue.
Malgré le retrait de ses propos ou le pardon demandé, le politologue considère que la première déclaration de Lukwebo a déjà marqué l’opinion publique. Arsène Kaputu estime par ailleurs que le débat autour de la Constitution suscite des inquiétudes dans certains milieux politiques, notamment en ce qui concerne la possibilité de remettre à zéro le compteur des mandats présidentiels en cas de changement de Constitution.
« Cette prise de position a été une mise en garde contre toute tentative de modification de la Constitution. Le peuple en a déjà pris acte. Si la Constitution est changée, le compteur des mandats peut être remis à zéro. Cela pourrait permettre à l’actuel président de se représenter, surtout qu’il dispose déjà d’une majorité parlementaire et d’un soutien important dans les institutions », conclut-il.
Rappelons que les excuses du fondateur et autorité morale du parti politique Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) continuent de susciter de vives réactions au sein de la classe politique congolaise.
Emmanuel SYAVUTAWA




























