La hausse du prix du carburant impacte négativement le quotidien des taximen et des vendeurs du carburant dans les mini-stations en ville de Butembo. Certains d’entre eux, joints par RTPA.CD ce mardi 10 mars, font savoir que plusieurs clients préfèrent désormais se déplacer à pied plutôt que de payer le taxi, devenu trop cher.
Muhindo Kitakya alias Kateka, conducteur de moto-taxi au parking Espoir de Demain, révèle qu’un litre de carburant se négocie actuellement entre 5 000, 6 000 voire 7 000 francs congolais depuis quelques jours. Il a indiqué que la clientèle a fortement baissé. Les usagers craignant le coût élevé de la course.
Il a souligné que plusieurs motos restent stationnées au parking pendant de longues heures. Ce conducteur ajoute que les taximen qui exploitent des motos de location ont du mal à s’acquitter des recettes exigées par leurs employeurs. Il ajoute que d’autres ont aussi déposé leurs engins en attendant le rétablissement du prix du carburant.
“Le prix du carburant a tellement grimpé. Nous ne travaillons presque plus. Actuellement, un litre d’essence coûte plus de deux dollars. Les vendeurs de carburant fixent chacun son prix. Si vous voyez de nombreux taximen stationnés ici, c’est à cause du manque de clients. Les gens ne prennent plus le taxi ; ils préfèrent se déplacer à pied. Nous avons du mal à payer les recettes des motos de location et les employeurs ne nous comprennent pas. Nous demandons aux services habilités de nous aider à faire baisser le prix du carburant“, a-t-il expliqué.
Par ailleurs, Noëla Makasi, vendeuse de carburant, déplore les difficultés que traverse son activité, qui ne génère plus autant de revenus que par le passé. Elle précise que des incompréhensions persistent entre vendeurs et clients autour du prix actuel du carburant.
“Notre activité connaît ces derniers temps d’énormes difficultés. Certains ont perdu leurs capitaux et d’autres ont fermé leurs mini-stations. Les 20 litres d’essence que nous vendions en seulement deux jours nous prennent aujourd’hui quatre à cinq jours. Actuellement, nous vendons le litre entre 5 000 et 6 000 francs congolais. Nous ne nous comprenons plus avec certains clients au sujet du prix. Vraiment, nous ne vendons plus comme auparavant. Il n’y a presque plus de gagne-pain, car les clients nous demandent de réduire les prix. Nous nous ravitaillons à 5 000 francs le litre et nous revendons parfois à 5 200 francs, ce qui nous fait subir des pertes“, renchérit-elle.
Pour rappel, la division provinciale de l’Économie avait réagi, samedi 7 mars dernier, à cette hausse du prix du carburant. Selon le chef de service, Adrien Mbalavahi, les tenanciers des stations de produits pétroliers n’ont aucune raison d’augmenter les prix. Il a justifié que les stations disposent d’une quantité suffisante pour desservir la population.
Emmanuel SYAVUTAWA




























