L’Association paysanne pour la réhabilitation et la protection des Pygmées (PREPPYG Asbl) s’est dite très inquiète et a condamné avec véhémence le massacre des Pygmées perpétré par les rebelles ADF dans un campement des peuples autochtones situé au quartier de Ngadi, dans la ville de Beni, la nuit du samedi au dimanche 31 mai dernier.
Le secrétaire exécutif de PREPPYG, Buthelezi Kambale Kakevire, a déclaré avoir été profondément choqué par ce massacre de civils innocents. Selon lui, il est inconcevable de voir les peuples autochtones être tués presque au cœur de la ville de Beni.
Buthelezi Kambale Kakevire estime que les Pygmées devraient bénéficier d’une protection effective conformément à la loi promulguée en 2022 par le Président de la République démocratique du Congo.
“Nous avons été très choqués et nous le sommes encore, car il n’est pas concevable qu’un peuple aussi pacifique et inoffensif soit sauvagement massacré. Nous déplorons également qu’un tel acte puisse se produire au cœur même de la ville de Beni. Il est vraiment regrettable que des peuples qui devraient être protégés par la loi promulguée en 2022 par le Chef de l’État soient ainsi massacrés”, a-t-il regretté.
Par ailleurs, le responsable de PREPPYG a indiqué que le décès de l’artiste musicien Nzanzu Mangese traduit davantage l’extermination de la culture des premiers occupants de la RDC. Il a souligné que cet artiste, tué par les ADF, était un représentant incontournable des Pygmées au niveau national. Selon lui, la mort de Nzanzu Mangese constitue une perte immense pour la culture pygmée.
“Cet acte contribue à l’extermination que subissent actuellement les peuples pygmées. Cette disparition se confirme également par une forme d’élimination culturelle. Un peuple sans culture n’existe pas, car la culture constitue le fondement même de toute communauté. Mangese représentait un véritable espoir pour la jeunesse pygmée, non seulement à Beni, mais aussi dans l’ensemble de la République Démocratique du Congo. Je rappelle qu’en 2022, il s’était personnellement impliqué auprès de la coordination nationale des peuples autochtones pour témoigner de son soutien à la vulgarisation de la loi que venait de promulguer le Chef de l’État. Sa disparition constitue donc une perte considérable pour la culture des peuples autochtones de la RDC,” a déploré Buthelezi Kambale Kakevire.
Monsieur Buthelezi Kambale Kakevire a également rappelé qu’au-delà de l’insécurité, les Pygmées font face à de nombreux autres défis, notamment les difficultés d’accès à la terre, le manque de services sociaux de base ainsi que la discrimination sociale. Face à cette situation, PREPPYG lance un SOS aux autorités du pays afin qu’elles fassent de la sécurisation des peuples autochtones une priorité.
“Les peuples autochtones sont victimes de nombreuses exactions. L’accès à la terre est devenu un problème majeur. Alors qu’ils sont considérés comme les premiers occupants de ces terres, ils devraient être les premiers à en jouir, contrairement à la situation actuelle. Ils n’ont pas un accès suffisant aux services sociaux de base, notamment à l’éducation, aux soins de santé, à l’eau potable, à un habitat décent ainsi qu’aux marchés. À cela s’ajoute la discrimination sociale dont ils sont régulièrement victimes. Les difficultés auxquelles ils font face sont nombreuses. Nous réitérons notre appel aux autorités compétentes afin qu’elles se penchent sérieusement sur la question de la sécurité des peuples autochtones dans leurs milieux naturels de vie, mais aussi dans leurs zones de refuge,” précise le secrétaire exécutif de la PREPPYG.
Il sied de rappeler que les rebelles ADF ont lancé une attaque contre le campement des Pygmées la nuit du samedi 30 mai, faisant un bilan de six morts parmi eux.
Emmanuel SYAVUTAWA



























