La crise sécuritaire à l’est de la République Démocratique du Congo laisse des traces visibles, mais aussi des blessures invisibles. Dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, de nombreuses personnes continuent de souffrir en silence des conséquences psychologiques des conflits. Le psychologue Kizito Déogratias, interrogé ce vendredi 17 juillet 2026, appelle les familles et les communautés à accorder davantage d’attention à la santé mentale.
Selon le Docteur Kizito Déogratias, la crise sécuritaire a profondément affecté le bien-être psychologique des populations. Les violences, les déplacements forcés, la perte des proches et l’insécurité ont plongé de nombreuses personnes dans un défis qui impacte également sur leur vie dans la société.
« Beaucoup des personnes développent de l’anxiété, des cauchemars, une tristesse profonde, un sentiment d’insécurité permanente qui malheureusement perturbe le vivre ensemble » a-t-il indiqué
Le psychologue explique que plusieurs signes peuvent alerter une famille sur l’État de la santé mentale de leur proche.
« Il y a par exemple, l’isolement soudain, quelqu’un qui collaborait commence à s’isoler, il y a des changements brusques de comportement, notamment des colères parfois inexpliquées, des discours de désespoir, genre moi je ne vois plus mon avenir, je ne sers plus à rien » a-t-il ajouté
Malgré ces signes, de nombreuses familles tardent encore à consulter. Docteur Kizito Déogratias estime que cette hésitation s’explique par la stigmatisation des troubles mentaux, le manque d’information, certaines croyances culturelles ou encore les difficultés d’accès aux services spécialisés. Il adresse un message d’espoir aux personnes qui vivent encore avec les séquelles psychologiques de la crise sécuritaire.
« Les séquelles psychologiques ne sont pas une faiblesse, ce sont des réactions normales, chez une personne normale face à des évènements qui eux sont anormaux. Donc qu’ils ne se culpabilisent pas car c’est dur parce qu’ils ont vécu ce qui est dur mais c’est normal parce que c’est temporaire » a-t-il conseillé.
Retenez que face aux traumatismes laissés par les conflits, la guérison ne concerne pas seulement le corps, mais aussi l’esprit. Les experts invitent les familles, les leaders communautaires et les autorités à briser le silence autour de la santé mentale afin d’aider les personnes touchées à retrouver espoir et équilibre.
Dieu-Merci Mumbere



























