L’Institut Notre-Dame de l’Assomption, situé dans le quartier de l’Évêché, en commune de Bulengera, présente cette année scolaire trois candidats sourds-muets aux épreuves de la session ordinaire de l’Examen d’État.
La préfète de cet établissement l’a fait savoir au cours d’une interview exclusive accordée à RTPA.CD ce lundi 22 juin. Selon Madame Kavira Marie-Claire, ces candidats sont inscrits dans les options Secrétariat et Électronique industrielle.
À l’en croire, ces candidats sont accompagnés d’interprètes chargés de leur faciliter la compréhension des consignes et des différentes orientations données par les inspecteurs, au même titre que les autres candidats.
« Nous avons trois candidats qui affrontent les examens d’État, notamment en options Secrétariat et Électronique industrielle. Vous savez, pour échanger avec les sourds-muets, nous utilisons la langue des signes. Donc, l’école est obligée de demander à l’inspection d’accepter les interprètes qui vont aider à traduire la matière, les consignes, les remarques ainsi que leurs doléances en langue des signes. Ils se sentent aussi à l’aise lorsqu’ils sont accompagnés par quelqu’un qui connaît leur langue », a-t-elle expliqué.
Une participation encourageante
Depuis sept ans, l’Institut Notre-Dame de l’Assomption présente des candidats sourds-muets aux épreuves nationales de l’Examen d’État. Sur une dizaine de candidats, la préfète ne note l’échec que d’un seul candidat.
Elle se réjouit du taux de réussite enregistré par les candidats sourds-muets lors des précédentes éditions de l’Examen d’État.
« Nous sommes à la septième promotion. À chaque promotion, il y a toujours des sourds-muets qui se présentent. Les résultats sont bons. Pendant ces sept promotions, nous avons eu seulement un échec en option Secrétariat l’année antérieure. Sinon, toutes les autres années, tout le monde a réussi », a-t-elle fait savoir.
Appel à l’inclusion
Madame Kavira Marie-Claire, préfète de l’Institut Notre-Dame de l’Assomption, plaide pour une meilleure inclusion des personnes vivant avec ce handicap dans le monde du travail. L’objectif est de permettre aux diplômés sourds-muets d’accéder plus facilement à l’emploi.
Selon elle, la méconnaissance de la langue des signes constitue un obstacle majeur à l’épanouissement et à l’insertion professionnelle des personnes sourdes-muettes, même lorsqu’elles sont instruites. Elle encourage les chefs d’entreprises ainsi que les autres employeurs à apprendre et à maîtriser la langue des signes afin de favoriser leur intégration.
« Après les examens d’État, les sourds-muets se sentent aussi diplômés au même titre que les autres. Quand il y a des offres d’emploi, ils postulent parfois, mais c’est seulement nous, la population, qui ne savons pas comment les accueillir à cause de notre méconnaissance de la langue des signes. Ils sont capables de faire tout ce que nous faisons, malgré une communication différente. Notre appel à toutes les entreprises est d’apprendre la langue des signes afin d’être capables d’échanger avec les sourds-muets », plaide-t-elle.
En attendant, Madame Kavira Marie-Claire demande aux employeurs d’embaucher les sourds-muets diplômés d’État dans des secteurs où ils peuvent plus travailler à l’écrit qu’à l’oral.
Pour cette édition 2026, la province du Nord-Kivu aligne 66 110 candidats, dont 32 277 filles. Ils sont répartis dans 232 centres disséminés à travers ses trois provinces éducationnelles, Nord-Kivu 1, Nord-Kivu 2 et Nord-Kivu 3.
Didy Vitava




























