Alors que l’épidémie d’Ebola continue de gagner du terrain dans l’est de la République démocratique du Congo, la riposte sanitaire tente de s’adapter à une réalité complexe : routes dégradées, zones enclavées, insécurité persistante et multiplication des cas.
À Bunia, la MONUSCO a remis ce vendredi un important lot d’engins roulants à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour renforcer les interventions d’urgence dans les foyers touchés.
Ce lot est composé de cinq motos, deux ambulances et deux véhicules tout-terrain pour faciliter le déplacement des équipes sanitaires dans les zones difficiles d’accès, souvent affectées par l’insécurité et le mauvais état des routes.
« La Mission appuie la riposte à plusieurs niveaux, notamment sur le plan logistique », a déclaré Jean Jacques Lopez, chef de bureau par intérim de la MONUSCO à Bunia, précisant que plusieurs tonnes de fournitures médicales ont déjà été acheminées vers Bunia depuis Nairobi et Kinshasa.
De son côté, le représentant de l’OMS, le docteur Richard Fotsing, a salué un appui « crucial » au moment où l’épidémie s’étend désormais à trois provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
« Ces engins roulants arrivent à un moment crucial, car nous avons besoin de capacités logistiques accrues pour atteindre les populations affectées », a-t-il affirmé. Il a cependant appelé à une mobilisation collective pour éviter une propagation au-delà des frontières.
Déclarée le 16 mai dernier en Ituri, la 17è épidémie Ebola continue de progresser. Les chiffres publiés le 21 mai font état de 83 cas confirmés, 34 décès, 50 cas suspects et plus de 1600 cas contacts.
Face à cette situation, les autorités provinciales ont annoncé plusieurs mesures restrictives, notamment la limitation des rassemblements publics, la suspension des activités sportives locales et l’installation obligatoire de dispositifs de lavage des mains dans les lieux publics. La riposte reste cependant confrontée à plusieurs défis, dont l’insécurité, les faibles capacités de prise en charge et certaines résistances communautaires.
Chantal Kahashi



























