Le Syndicat national des inspecteurs de l’enseignement au Congo (SYNIECO), coordination de la province éducationnelle Nord-Kivu II, menace de boycotter les évaluations certificatives à venir.
Dans une déclaration faite à Butembo ce dimanche 20 avril 2026, l’inspecteur itinérant et secrétaire provincial de cette structure, Kakule Kombi Samuel, salue toutefois la décision du gouvernement congolais de prendre en charge les frais de participation aux examens, notamment l’Examen national de fin d’études primaires (ENAFEP) pour les élèves de 6e primaire, le Test national de sélection et d’orientation scolaire et professionnelle (TENASOSP) pour les élèves de 8e année de l’éducation de base, ainsi que l’Examen d’État pour les finalistes des humanités, édition 2025-2026.
Malgré cette avancée, le syndicat dénonce le non-paiement des arriérés de l’année scolaire 2024-2025. À en croire ses responsables, seuls 49 % des frais avaient été couverts, laissant plusieurs intervenants impayés à ce jour.
Face à cette situation, les inspecteurs réunis au sein du SYNIECO Nord-Kivu II conditionnent leur participation aux épreuves à la régularisation urgente de ces dettes, ainsi qu’au paiement des frais pour l’année en cours. À l’approche de la hors-session de l’Examen d’État prévue le 4 mai, le SYNIECO lance un ultimatum au gouvernement jusqu’au 27 avril.
“Depuis les années 2024-2025, le gouvernement a payé les 49 % des frais de participation dans l’ensemble. Cependant, ces 49 % n’ont pas permis de rémunérer tous les intervenants impliqués dans l’organisation des évaluations. C’est pourquoi il subsiste, jusqu’à ce jour, des arriérés de paiement dus aux intervenants, qui restent impayés. Face à cette situation, ces derniers menacent de ne pas prendre part aux examens de cette année, faute d’avoir été payés par le gouvernement. Il est difficile de comprendre comment, avec les 49 % déjà utilisés pour organiser les évaluations, les 51 % restants n’ont pas encore été mobilisés. Un ultimatum a été fixé au gouvernement pour effectuer ce paiement au plus tard le 27 avril. Par conséquent, les inspecteurs se réservent le droit de ne pas participer aux prochaines évaluations,” renseigne le secrétaire provincial du SYNIECO.
Le secrétaire provincial du SYNIECO précise que passé ce délai, les inspecteurs envisagent non seulement un boycott des évaluations, mais aussi l’organisation d’une marche pacifique à Butembo pour faire entendre leurs revendications.
Le syndicat des inspecteurs appelle enfin les autorités à garantir de meilleures conditions de travail aux inspecteurs, souvent déployés dans des zones inaccessibles et parfois insécurisées.
“Alors que la hors-session de l’Examen d’État approche, prévue pour le 4 mai , nous lançons un appel au Président de la République, Son Excellence Monsieur Antoine Félix Tshisekedi Tshilombo, afin qu’il s’implique personnellement, comme il l’a fait dans d’autres situations urgentes, pour débloquer en urgence les fonds nécessaires aux évaluations, au prorata du budget déjà présenté par nos IPP. Personne ne peut accepter de travailler sans moyens, surtout lorsque certains agents doivent se rendre dans des zones éloignées, parfois insécurisées, nécessitant des frais de transport élevés. Nous demandons au gouvernement de faire preuve de bonne foi en réglant en urgence la dette de 51 %, ainsi que les frais de participation des candidats pour cette année, et ce, avant le 27 avril, ” a-t-il précisé.
Il convient de rappeler que le gouvernement de la RDC prend en charge, depuis environ deux ans, les frais de participation aux épreuves certificatives. Cette décision vise à alléger le fardeau des parents d’élèves dans la province du Nord-Kivu, longtemps meurtrie par l’insécurité liée aux groupes armés locaux et étrangers.
Emmanuel SYAVUTAWA


























