Après l’occupation de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, par la rébellion de l’AFC-M23 soutenue par le Rwanda, la situation sécuritaire et politique dans l’est de la République démocratique du Congo continue de susciter de vives réactions. Dans une déclaration faite mardi 27 janvier, date marquant ce triste anniversaire, Azarias Mokonzi, chroniqueur politique et chercheur en droit interne et international, a déclaré une vision expansionniste du Rwanda, l’accusant de nourrir des ambitions constantes sur les terres congolaises.
Il affirme que la lutte armée a mené par la rébellion de l’AFC-M23, dirigée par des Congolais, n’a rien à voir avec une prétendue libération du pays. Azarias Mokonzi soutient qu’il s’agit plutôt d’un instrument au service d’une vision expansionniste visant l’occupation des terres.
« Mes chers compatriotes,
La chute de Goma doit nous ouvrir les yeux : la lutte armée menée par Corneille Nangaa et ses alliés ne vise pas le rétablissement d’une prétendue libération de notre pays. Elle est l’instrument d’une vision expensionniste visant l’occupation de nos terres. Alors que le régime de Kigali a longtemps nié son implication, il ne se cache plus : il revendique désormais publiquement des pans de notre territoire, prétextant des découpages coloniaux. Cette déclaration n’est pas fortuite ; elle a traduit une volonté à long terme de conquête territoriale », at-il déclaré.
Azarias Mokonzi déplore également qu’au sein du peuple congolais, certains compatriotes, animés par la soif du pouvoir ou par leur frustration face à la gouvernance actuelle, choisissent la voie de la trahison en pactisant avec l’agresseur. Selon lui, ces acteurs semblent oublier que le pouvoir qu’ils convoitent devient illusoire face à l’occupation.
« Sans territoire souverain et sans peuple libre, le concept même de pouvoir n’existe plus », précise-t-il.
Il s’insurge également contre le comportement de certains compatriotes qui, en s’alliant aux agresseurs, participent de fait au morcellement de la patrie. Face à la multiplication des adhésions à ce mouvement armé, il appelle à la constitution d’un véritable bloc républicain capable de résister à l’agression.
Pour lui, si la critique de la mauvaise gouvernance demeure un droit et un devoir démocratique, l’unité nationale doit rester un principe non négociable. « C’est dans cette unité, au-delà de nos clivages politiques, que nous puiserons la force de gagner cette guerre d’usure à laquelle le Rwanda se prépare », souligne-t-il.
Didy Vitava



























