Dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’espoir de paix semble s’éloigner. L’accord de paix de Washington, signé le 27 juin 2025 entre la RDC et le Rwanda par leurs ministres des Affaires étrangères, puis entériné le 4 décembre 2025 par les présidents des deux pays, n’a pas d’effet concret sur la situation sur le terrain.
« C’est un accord de paix signé entre deux pays, mais qui n’a aucun impact sur la situation sur le terrain. Les combats continuent. On ne voit donc pas l’effectivité de cet accord », déplore un habitant de la cité de Kiwanja, sous contrôle de la rébellion de l’AFC-M23.
Pourtant, l’entérinement de cet accord par les deux chefs d’État sous Trump avait suscité beaucoup d’espoir d’un retour d’une paix durable dans la région. Un mois plus tard, des milliers de familles vivent dans la précarité, sans assistance humanitaire et dans un contexte marqué par des combats persistants, déplore un habitant déplacé de Binza.
« Nous traversons encore un moment très difficile. La sécurité n’est pas toujours rétablie, et nous vivons péniblement », a-t-il déclaré.
La poursuite des combats, notamment dans le territoire de Rutshuru, empêche de nombreux paysans d’accéder à leurs champs pour se ravitailler en produits vivriers. Jeudi 8 janvier, les activités agricoles ont été perturbées dès le matin à Mulala, dans la partie ouest de la cité de Kiwanja, où de fortes détonations d’armes ont été entendues dès l’aube.
« J’ai voulu me rendre au champ, mais j’ai été obligé de rentrer chez moi à cause des tirs. Je ne peux pas dire que nous avons déjà la paix. Cet accord ne nous apporte rien, la situation est la même », affirme avec désolation une paysanne autochtone de Kiwanja.
Selon un expert en relations internationales, seul l’aboutissement du processus de Doha, engageant directement la RDC et la rébellion de l’AFC-M23 autour d’une table, pourrait produire des effets concrets sur le terrain. Il explique que l’accord de Washington concerne surtout la paix entre les deux États, alors que le processus de Doha implique directement la rébellion.
« Le fait que cet accord ne prenne pas en compte la question du M23, même s’il souligne le soutien du Rwanda à la rébellion, peut entraîner une paix de façade entre les deux États. Le processus de Doha est celui qui traite réellement de la cause du M23. On peut espérer que ses retombées auront une influence directe sur la situation sur le terrain », analyse-t-il sous couvert d’anonymat.
Dans la province du Nord-Kivu, les combats continuent malgré le cessez-le-feu décrété à Doha et Washington. Dans le territoire de Masisi, des bombardements récents ont fait une dizaine de victimes parmi les civils. Les affrontements se poursuivent également dans certaines localités de Walikale, où les FARDC et le M23 continuent à se disputer le contrôle de certaines entités du territoire. La même situation sévit sur plusieurs lignes de front dans la province du Sud-Kivu.
La Rédaction




























