Le manque d’accompagnement et de soutien aux initiatives des jeunes demeure un défi majeur qui accroît leur vulnérabilité et les expose à l’adhésion aux groupes armés. Cette situation traduit également les défis liés à la mise en œuvre des plans relatifs à la résolution 2250, laquelle préconise le soutien aux initiatives des jeunes.
Madame Zawadi Bisomeko, secrétaire exécutive de la Solidarité des associations féminines pour les droits de la femme (SAFDF), l’a fait savoir le week-end dernier lors de son exposé sur le rôle de la femme et de la jeunesse dans le processus de paix en RDC. C’était au cours du forum de restitution organisé par la coordination urbaine de la société civile de Butembo, (Nord-Kivu), dans la commune de Kimemi.
Dans sa présentation, elle a noté avec regret que, malgré l’existence des plans de mise en œuvre des résolutions 1325 et 2250, relatives à l’implication des femmes et des jeunes dans le processus de paix, ces deux couches sociales peinent à être réellement associées, et leurs initiatives demeurent insuffisamment soutenues.
« Notre pays dispose d’un plan national de mise en œuvre de la résolution 2250. Ce plan existe. De même, la province du Nord-Kivu dispose de son propre plan sur cette résolution. Mais tous ces plans souffrent d’un manque d’application. Cette résolution traite notamment de la manière de faire des jeunes des acteurs de paix, de leur implication dans les instances de prise de décision ainsi que du soutien à leurs initiatives. Or, dans la réalité, nous constatons que les initiatives des jeunes ne sont pas soutenues. Les jeunes sont plus vulnérables à l’adhésion aux groupes armés, et cela constitue un défi majeur dans la mise en œuvre de la résolution 2250 », a-t-elle déploré.
Elle a, par ailleurs, souligné la faible participation des jeunes et des femmes aux processus de paix.
« Les jeunes n’ont pas été impliqués dans le processus de Washington. Pourtant, si l’on examine les axes stratégiques de ce processus, ils concernent directement les jeunes, puisque ce sont majoritairement eux qui sont membres des groupes armés », a-t-elle déclaré.
Pour elle, la réussite des différents processus de paix, notamment celui du désarmement, dépend également du degré d’implication des jeunes, directement concernés, certains d’entre eux étant membres de groupes armés.
« En ce qui concerne le processus de démobilisation et de désarmement, les jeunes détenteurs d’armes sont nombreux. Ce processus devrait donc être plus orienté vers leur implication afin que la démobilisation, le désarmement et la réintégration soient effectifs », a-t-elle précisé.
Madame Zawadi Bisomeko encourage ainsi les décideurs, à tous les niveaux, à œuvrer pour la mise en œuvre effective des plans liés aux résolutions 1325 et 2250. Leur application permettra aux femmes et aux jeunes de trouver pleinement leur place dans les processus de paix.
La Rédaction




























