Le Directeur provincial du Parc national des Virunga, Emmanuel de Merode, a rencontré mardi 7 avril 2026, les différentes couches de la population de l’enclave de pêche de Kyavinyonge, sur la côte nord du lac Édouard, territoire de Beni, afin de discuter des tensions persistantes entre le parc et les communautés locales.
Depuis près de vingt ans, la pêcherie de Kyavinyonge, située en chefferie de Bashu, connaît des frictions avec les écogardes. La population dénonce notamment des difficultés liées aux conditions de vie, aux conflits fonciers et au manque de dialogue avec les gestionnaires du parc. « Une population frustrée ne saurait soutenir la protection de l’environnement », déplore Delphin Kakule Malekani, président de la société civile forces vives locales.
Selon lui, l’absence de concertation alimente les malentendus, notamment avec la Coopérative des pêcheries de Virunga. Il plaide pour une implication des communautés dans les décisions qui concernent leur avenir.
« Les jeunes sans emploi deviennent vulnérables à l’insécurité. L’emploi renforce la paix et la stabilité. Sans sécurité foncière, il n’y a ni paix ni développement durable », insiste-t-il.
Les acteurs de la société civile appellent également à une collaboration étroite entre écogardes et communautés afin de renforcer la confiance dans la protection de la biodiversité. Ils évoquent plusieurs défis, notamment l’absence d’électricité, la dépendance au bois de chauffage, le faible développement économique, le délabrement des routes et le manque d’accès à l’eau potable.
Pour Delphin Malekani, la population doit être considérée comme « une solution et non une menace » pour la conservation. Il recommande aussi la mise en place de mécanismes d’assistance aux familles victimes d’attaques d’animaux sauvages, notamment les crocodiles et les éléphants.
« La population protège l’environnement lorsqu’il attire les bénéfices. L’implication de la population dans les décisions est essentielle. Gestion de crocodiles du Nil, étudier leur classification comme espèce envahissante selon la loi. Rejeter l’option du files électriques» , ajoute cet acteur de la société civile.
De son côté, Emmanuel de Merode a rappelé que Kyavinyonge s’inscrit dans la vision du couloir vert Kivu-Kishansa, un programme visant à renforcer la sécurité alimentaire à travers une gestion durable de la pêche.
« La protection de l’environnement assure la bonne gestion des ressources naturelles, notamment halieutiques. Il est nécessaire de préserver l’ordre dans l’activité de pêche pour maximiser la production », a-t-il expliqué.
Le directeur a également insisté sur le rôle de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), rappelant que son personnel n’est pas autorisé à percevoir de l’argent. Il a encouragé la population à signaler tout cas de corruption.
Emmanuel de Merode a annoncé la mise en place d’un groupe de travail composé de 12 membres issus des différentes couches sociales et de représentants de l’ICCN. Celui-ci aura pour mission de proposer, dans un délai de deux mois, des solutions concrètes pour l’élaboration d’un plan de développement des pêcheries.
« Que Kyavinyonge soit un exemple pilote. Malgré les défis sécuritaires, nous pouvons progresser ensemble », a-t-il rassuré, soulignant l’importance d’un dialogue durable entre conservation et développement local.
Selon les forces vives, ces échanges constituent une étape importante vers une compréhension mutuelle fondée sur la confiance et la recherche de solutions durables au bénéfice de la population et de la conservation.
La rédaction


























