Le gouvernement congolais accuse le Rwanda d’orchestrer une exploitation illégale à grande échelle du coltan dans la zone minière de Rubaya, en territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Selon les autorités congolaises, entre 112 et 125 tonnes de ce minerai stratégique sont extraites chaque mois et acheminées exclusivement vers le Rwanda en dehors de tout cadre légal, alimentant ainsi un circuit d’approvisionnement illicite et une économie de guerre.
Dans un communiqué du 31 janvier relatif à l’éboulement de terre dramatique survenu dans le périmètre minier de Rubaya, Kinshasa affirme que les activités minières exercées dans un contexte d’occupation armée constituent un système structuré de pillage et d’exploitation illégale des ressources naturelles. Ce système s’inscrit dans une chaîne d’approvisionnement illicite d’ampleur industrielle, allant de l’extraction à la commercialisation des minerais au profit du Rwanda.
Cette réalité, souligne le gouvernement congolais, se reflète dans les anomalies statistiques constatées au niveau régional, notamment l’augmentation de plus de 200 % des exploitations de coltan au Rwanda entre janvier et juin 2025, sans lien avec ses réserves naturelles connues. Cela révèle l’existence de mécanismes de blanchiment de minerais congolais issus de zones sous occupation armée.
En outre, le gouvernement déplore la faillite manifeste des mécanismes internationaux et régionaux de traçabilité, ainsi que des dispositifs de certification de la CIRGL, qui n’ont pas permis d’empêcher l’écoulement et la certification frauduleuse de minerais provenant des sites classés « rouge ».
Par ailleurs, il dénonce l’imprudence des acheteurs finaux et des acteurs économiques internationaux qui continuent de s’approvisionner auprès du Rwanda en minerais issus de Rubaya, malgré le classement officiel de ce site et les alertes répétées des autorités congolaises, contribuant ainsi indirectement au financement des groupes armés et à l’exploitation violente des creuseurs artisanaux.
Depuis mi-février 2025, le périmètre minier de Rubaya est classé au statut « rouge ». Ce classement interdit toute activité d’exploitation et de commercialisation des substances minérales, y compris artisanale.
La Rédaction



























