La Dynamique des femmes pour la bonne gouvernance (DYFEGOU) dénonce la criminalité urbaine qui prend une ampleur inquiétante dans la ville de Butembo, Nord-Kivu, province sous état de siège. Dans une déclaration forte rendue publique jeudi 8 janvier, après l’assassinat de deux personnes, dont un officier de la police par des bandits armés la soirée de mercredi 7 janvier, cette structure féminine critique vivement l’efficacité de cette gouvernance exceptionnelle, dont la mission principale est le rétablissement de la paix et de la sécurité.
Pour la DYFEGOU, l’état de siège est une mesure à bout de souffle qui traduit l’incapacité manifeste de l’État à assurer la protection de ses citoyens. Elle dénonce un régime exceptionnel qui peine à mettre fin à l’activisme des détenteurs illégaux d’armes, dont certains entretiennent la criminalité dans les milieux urbains.
“État de siège, un dispositif à bout de souffle. La DYFEGOU dénonce avec gravité l’échec de l’état de siège imposé au Nord-Kivu au nom de la sécurité mais qui, dans les faits, n’a ni neutralisé l’insécurité ni rassuré la population. Pire encore, ce régime exceptionnel s’est vidé de son sens, perdant sa force dissuasive, car les groupes armés et les criminels agissent librement, y compris en pleine ville. L’état de siège n’a pas seulement échoué à sécuriser, il endort la vigilance citoyenne et déplace le débat vers les actions de développement”, a-t-elle affirmé dans sa déclaration.
L’organisation féminine condamne ainsi ce qu’elle qualifie de “gouvernance sécuritaire défaillante”, marquée par l’absence de résultats visibles, l’impunité persistante et le mépris du droit fondamental à la vie dans la ville et sur l’ensemble de la province. Elle exige des enquêtes sur le double assassinat survenu dans la ville de Butembo mercredi et réclame une évaluation honnête de l’état de siège.
“La DYFEGOU tient les autorités compétentes pour responsables de la protection des populations civiles, exige des enquêtes immédiates, indépendantes et crédibles, suivies de poursuites judiciaires réelles. Elle réclame une évaluation honnête et publique de l’état de siège, y compris la possibilité de sa levée”, a-t-elle recommandé.
Pour rappel, la ville de Butembo a enregistré, la soirée de mercredi 7 janvier, deux cas d’assassinat commis par des bandits armés. Le premier est celui de Muhindo Destin, un jeune homme tué par balle dans la cellule Kihate, au quartier Mutiri, dans la commune de Bulengera. Sa moto de marque bodaboda a également été emportée par des bandits.
Le second cas est celui d’un sous-lieutenant de la Police nationale congolaise (PNC), du nom de Mbusa Kibwana Ngike. Il a été criblé de balles par des hommes armés non identifiés à Lusando, dans le quartier Vutetse, en commune de Kimemi. Son garde du corps a été grièvement blessé par balle.
Didy Vitava




























