L’usage des messages vocaux ne dégrade pas automatiquement l’orthographe. Toutefois, leur utilisation excessive et non encadrée peut affaiblir les compétences en écriture, aussi bien chez les apprenants que chez certains intellectuels. C’est ce qu’a indiqué, ce mercredi 4 février 2026, Philemon Kalondero, enseignant à l’Université officielle de Ruwenzori (UOR) Butembo et doctorant en Lettres et Sciences humaines.
Selon lui, les messages vocaux contribuent au développement de la compétence orale, améliorent la prononciation et facilitent l’expression chez certains apprenants. En revanche, ils réduisent la pratique de l’écrit et affaiblissent la vigilance orthographique.
À force de privilégier la voix, précise-t-il, certains finissent par écrire comme ils parlent, s’éloignant ainsi des normes grammaticales.
“L’usage des messages vocaux peut avoir des effets ambivalents sur l’orthographe : il comporte à la fois des effets négatifs et des effets positifs. S’agissant des effets négatifs, on note d’abord la réduction de la pratique de l’écrit, car l’orthographe s’améliore généralement par l’usage régulier de l’écriture. Le deuxième effet négatif est l’affaiblissement de la vigilance orthographique, dans la mesure où les messages vocaux ne sont pas soumis aux règles d’accord, à la graphie des mots ni à la ponctuation. Par conséquent, certains étudiants peuvent en venir à écrire comme ils parlent. Toutefois, il existe également des effets potentiellement positifs, notamment le développement de la compétence orale. En effet, les messages vocaux favorisent la fluidité, la prononciation et même la structuration du discours oral,” explique-t-il.
Face à cette réalité, cet enseignant recommande un équilibre. Il souligne que l’écrit doit demeurer prioritaire dans les milieux scolaires, académiques et professionnels. L’oral, quant à lui, peut servir d’outil pédagogique, à condition d’être systématiquement complété par l’écriture.
“Le conseil que je donne comme primordial est de prôner l’équilibre et la conscience linguistique. Il faut avant tout maintenir une pratique régulière de l’écrit. En effet, on améliore son écriture en écrivant quotidiennement, en lisant régulièrement et en corrigeant des textes. Il s’agit également de remettre les choses dans la norme, au lieu de s’en remettre systématiquement aux corrections automatiques. Il convient, par ailleurs, de privilégier l’écrit dans les contextes académiques, professionnels et intellectuels. Je conseille également de transformer l’oral en outil pédagogique. Autrement dit, après un message vocal, il est utile de reformuler le contenu par écrit. Cette démarche permet de comparer ce qui est dit à l’oral avec ce qui est produit à l’écrit.Il est donc essentiel de maintenir un équilibre entre l’oral et l’écriture, afin d’éviter d’affecter l’orthographe, qui demeure un élément central dans l’enseignement et dans l’usage de la langue,” a-t-il recommandé.
Il sied de signaler que l’usage des messages vocaux est aujourd’hui fréquent chez de nombreux intellectuels, utilisateurs des réseaux sociaux et des applications de messagerie instantanée, dont WhatsApp. Les nouvelles technologies doivent soutenir l’apprentissage, sans jamais se substituer à la maîtrise de l’orthographe, qui demeure une compétence fondamentale, note le doctorant.
Emmanuel SYAVUTAWA



























