L’exploitation sexuelle constitue une infraction grave et punissable par la loi congolaise. C’est ce qu’a rappelé le mercredi 4 mars, Maître Maguy Panza, défenseure des droits de la femme et de l’enfant à Butembo, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre l’exploitation sexuelle. Elle appelle les autorités politico-administratives à prendre des mesures et les parents à la vigilance pour décourager cette pratique.
Selon Maitre Maguy Panza, l’exploitation sexuelle consiste à recruter, entraîner ou détourner une personne vers la débauche ou la prostitution, même avec son consentement, dans le but d’en tirer profit. La juriste précise que plusieurs actes tombent sous le coup de la loi notamment le fait d’exploiter la prostitution d’autrui, qu’il y ait contrainte ou non ; le fait de tenir ou d’entretenir une maison de débauche ou de prostitution et d’en tirer des bénéfices.
“L’exploitation sexuelle consiste à utiliser une personne à des fins sexuelles dans le but d’en tirer un profit. Sur le plan juridique, il s’agit d’une infraction punie par la loi congolaise. Cette infraction est qualifiée de proxénétisme ou de souteneurisme..Selon l’article 174B de la loi relative aux violences sexuelles, cette infraction consiste, pour une personne, à recruter, entraîner ou détourner une autre personne vers la débauche ou la prostitution, dans le but d’en tirer profit, même avec le consentement de celle-ci. La loi évoque également d’autres aspects, notamment le fait de tenir ou d’entretenir une maison de débauche ou de prostitution et d’en tirer des bénéfices. Il s’agit, par exemple, de gérer un établissement dans lequel se pratiquent des actes de prostitution et d’en percevoir des profits”, a-t-elle expliqué.
D’après Maître Maguy Panza, les jeunes filles figurent parmi les principales victimes de ce phénomène dans la région. Certaines se retrouvent dans des maisons de tolérance, exposées à de multiples risques, notamment les maladies sexuellement transmissibles, les grossesses non désirées et les avortements clandestins.
“Le plus souvent, ce sont les jeunes filles, ici chez nous, qui sont victimes de cette infraction qu’est le proxénétisme. Dans certaines maisons de tolérance, on retrouve des enfants et des jeunes filles qui sont exploitées et exposées à de nombreux risques, notamment les maladies sexuellement transmissibles, les grossesses non désirées et les avortements clandestins. Or, tout cela est strictement interdit par la loi”, insiste-t-elle.
Elle souligne que les auteurs de ces faits encourent des peines d’emprisonnement pouvant aller de 3 mois à cinq ans, ainsi que des amendes et l’obligation d’indemniser les victimes. Face à cette situation, elle exhorte les autorités politico-administratives et judiciaires à prendre des mesures concrètes pour décourager cette pratique et poursuivre systématiquement les auteurs et renforcer la protection des victimes. Cette juriste appelle également les parents à une vigilance accrue.
“Cette infraction est punie d’une peine d’emprisonnement de trois mois à cinq ans, assortie d’une amende. Les auteurs peuvent également être tenus d’indemniser les victimes. Ce que nous pouvons dire à la population, c’est que l’exploitation sexuelle n’est pas une activité licite, mais bien une activité illicite. Les parents doivent redoubler de vigilance à l’égard de leurs enfants. Par ailleurs, les autorités politico-administratives et judiciaires, qui sont régulièrement saisies de plaintes et de rapports relatifs à ces faits, doivent prendre leurs responsabilités. Elles doivent adopter des mesures concrètes pour décourager cette pratique et surtout sanctionner sévèrement ceux qui se livrent à cette activité illicite”, poursuit maître Maguy Panza.
Notons que l’exploitation sexuelle n’est en aucun cas un moyen légitime de survie. La J.M de lutte contre cette pratique a été créée pour sensibiliser le public, protéger les victimes et renforcer la lutte contre ce crime qui touche des millions de personnes dans le monde.
Emmanuel SYAVUTAWA


























