L’insécurité grandissante qui sévit dans l’Est de la République démocratique du Congo impacte fortement l’approvisionnement en planches dans la ville de Butembo, au Nord-Kivu. C’est ce qu’affirme la Coopérative des fournisseurs des planches sur le marché congolais (COOFOPLAMACO).
Dans une interview accordée à RTPA.CD lundi 2 mars, Kambale Mawaya Salamu, l’un des mandataires de cette coopérative opérationnelle dans ville, affirme qu’une rareté de plusieurs essences forestières s’observe actuellement sur le marché local, conséquence directe de l’insécurité persistante dans les zones d’exploitation.
Selon lui, les planches de bois rouge, de Liboyo, de Linzo, de Mulingati, ainsi que d’autres essences issues des forêts tropicales, se font de plus en plus rares à Butembo. Il précise que seules les planches provenant des forêts permanentes, notamment l’eucalyptus et le grevillea issus de plantations privées, sont actuellement disponibles sur le marché.
“La fourniture des planches en ville de Butembo connaît de nombreux défis, surtout la rareté de ces produits liée à l’insécurité persistante dans les zones d’exploitation. On constate la rareté de certaines essences sur le marché, notamment le bois rouge, le Liboyo, le Linzo, le Mulingati et consorts. Tous les bois provenant des forêts naturelles ne sont plus visibles sur le terrain à cause de l’insécurité. Actuellement, les quelques produits disponibles sur le marché proviennent des forêts permanentes, c’est-à-dire des arbres issus des champs privés, notamment les eucalyptus et les grevillea”, a-t-il expliqué.
Malgré ce contexte difficile, ce cadre de la COOFOPLAMACO indique que les prix des planches restent globalement stables. Une planche d’eucalyptus de bonne qualité se vend entre 6 et 7 dollars américains, tandis que celles de qualité inférieure se négocient entre 4 et 5 dollars.
Rappelant que la planche demeure un matériau essentiel dans le secteur de la construction à Butembo, Mawaya Salamu souligne que la demande pour les essences rares reste élevée, en dépit de leur indisponibilité croissante. La COOFOPLAMACO appelle le gouvernement congolais à redoubler d’efforts pour rétablir la paix dans les zones d’exploitation forestière.
“Les prix des planches disponibles sur le marché sont généralement stables, en particulier celles d’eucalyptus et de grevillea. A cause de l’expansion et du développement de la construction dans notre ville, nous avons tâché d’adapter les prix de certains produits présents sur le marché. Une planche de bonne qualité coûte entre 6 et 7 dollars, tandis qu’une planche de qualité inférieure se négocie entre 4 et 5 dollars. La demande en planches issues des forêts naturelles reste élevée malgré leur rareté. Cependant, nous regrettons que la population, tout comme nous les exploitants, souffre du manque de planches provenant des forêts naturelles. Les commandes de bois rouge, de linzo, de liboyo et d’autres essences restent nombreuses. Cette situation est la conséquence de l’insécurité persistante qui ne nous permet pas d’accéder aux profondeurs des forêts. Nous appelons le gouvernement à redoubler d’efforts pour rétablir la paix dans les zones d’exploitation des planches. Sans planches, il n’y aura pas de construction en RDC”, précise-t-il.
Il convient de signaler qu’en plus de l’insécurité qui prévaut dans plusieurs zones d’exploitation, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a également interdit aux exploitants forestiers d’exercer aux abords du Parc national des Virunga, (PNVi), dans le but de protéger ce patrimoine mondial.
Emmanuel SYAVUTAWA



























