La situation sécuritaire reste préoccupante sur la route nationale numéro 2 Goma-Butembo en particulier dans la région de Rwindi-Busendo en territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Depuis plusieurs jours, des attaques répétées contre les usagers sont signalées, plongeant les conducteurs de motos et de véhicules dans une inquiétude croissante.
Selon des sources locales, des hommes armés non clairement identifiés multiplient les incursions dans cette zone stratégique, située au cœur du Parc national des Virunga (PNVi). Ces attaques visent directement les passagers à bord des véhicules et des motos. Les assaillants pillent systématiquement argent et biens de valeur, et vont jusqu’à blesser par balle, voire tuer les conducteurs qui tentent de leur opposer une résistance.
Une zone à forte sensibilité sécuritaire
Le tronçon Rwindi (entre Kanyabayonga et Kiwanja) ainsi que constitue un point névralgique à cause de sa position géographique et de la présence historique de plusieurs groupes armés. Parmi eux figurent notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), régulièrement accusées d’exactions contre les civils dans la région.
Cependant, la recrudescence actuelle des embuscades et braquages intervient dans un contexte particulier, marqué par la résurgence du Mouvement du 23 mars (M23), qui occupe le territoire de Rutshuru, incluant donc cet axe Kiwanja-Rwindi-Kanyabayonga.
Une stratégie de brouillage des responsabilités ?
Face à ces attaques répétées, certains observateurs avancent l’hypothèse d’une stratégie visant à brouiller les pistes. L’idée serait de créer ou d’entretenir un climat d’insécurité attribuable aux FDLR afin de justifier certaines opérations militaires ou de renforcer un discours sécuritaire déjà bien établi, notamment en faveur du Rwanda, pour appuyer les raisons avancées de son intervention en RDC. D’autres avancent des soupçons d’instrumentalisation de la menace FDLR pour renforcer ces raisons.
Dans ce contexte, la question demeure : ces attaques dans la vallée de la Rwindi ainsi que celle de la rivière Rutshuru (Busendo) pourraient-elles s’inscrire dans une logique indirecte du M23 visant à alléguer la pression ou « l’alibi » souvent évoqué autour de la présence des FDLR ? À ce stade, aucune preuve formelle ne permet d’établir un lien direct entre ces violences et une stratégie coordonnée du M23. Le silence des autorités de l’AFC-M23 face à ces attaques répétées constitue également un motif d’interrogation.
Avant la chute du territoire de Rutshuru entre les mains des rebelles de l’AFC-M23 (fin 2022), l’axe Rwindi (Busendo) connaissait une relative accalmie. Le trafic Butembo-Goma était opérationnel et les forces gouvernementales assuraient la sécurité des usagers. Des convois escortés circulaient régulièrement. Le phénomène des embuscades semblait globalement maîtrisé, malgré quelques cas isolés.
Depuis octobre 2025, un acteur de la société civile locale affirme avoir dénombré au moins treize (13) personnes tuées dans vingt-quatre (24) incidents sécuritaires (attaques, embuscades et braquages) sur les tronçons Mabenga-Rwindi-Kanyabayonga, Rwindi-Kibirizi et Rwindi-Vitshumbi, dans le Parc national des Virunga. Il insiste sur la nécessité de restaurer l’autorité de l’État et de rétablir la sécurité sur ces axes routiers stratégiques du circuit économique local.
À ce stade, un besoin urgent de clarification s’impose. Dans cette zone sous contrôle rebelle, où des usagers sont attaqués, blessés par balle, tués et dépouillés de leurs biens sans aucun secours, la question de l’identification des auteurs reste cruciale. Sans clarification des responsabilités, les risques de manipulation de l’opinion et d’escalade des tensions demeurent élevés.
La Rédaction



























