Dans le cadre de la commémoration du 28ᵉ anniversaire des massacres de Kikyo, survenus le 14 avril 1998 dans la ville de Butembo (Nord-Kivu), le comité des victimes survivantes prévoit une série d’activités ce mardi.
Selon Katembo Tsongo Léon, membre de ce comité, une messe de requiem en mémoire des victimes sera célébrée à la paroisse catholique de Lyambo à partir de 8 heures. Elle réunira les habitants de Butembo et de ses environs. Cette célébration sera suivie d’une procession à travers la ville, puis d’un dépôt de gerbes de fleurs sur certains lieux de mémoire des massacres.
La journée commémorative se poursuivra avec diverses activités culturelles prévues à Furu, au siège du groupe de pression Parlement Debout de Furu. Ces activités sont organisées en mémoire non seulement des victimes des massacres de Kikyo, mais aussi de celles des guerres à répétition et des violences dans l’est du pays, précise Tsongo Léon.
Chaque 14 avril n’est pas seulement une date, mais une journée de mémoire pour les habitants de Butembo. Vingt-huit ans après, les blessures restent encore vives.
« Pendant plusieurs jours, les éléments armés de l’AFDL ont commis, sans retenue, des crimes graves dans la ville de Butembo, notamment entre le 20 février et le 14 avril 1998. Certaines personnes ont été enterrées vivantes, d’autres exécutées puis jetées dans des fosses communes. Des hommes ligotés ont été écrasés par des véhicules militaires, tandis que des femmes ont été victimes de violences en présence de leurs familles. Au même moment, des biens de la population étaient systématiquement pillés. Aujourd’hui, 28 ans après, nous portons encore ces blessures dans nos cœurs », témoigne Tsongo Léon.
Il appelle à la mobilisation des habitants pour honorer la mémoire des victimes, exiger que justice soit rendue et mettre fin aux violences récurrentes dans la partie orientale du pays.
« Refusons d’oublier ces événements, car il est dit que celui qui oublie un drame aussi horrible est condamné à le revivre. C’est pourquoi nous nous rassemblons chaque 14 avril pour honorer leur mémoire, mais aussi pour crier au monde entier que ces crimes ne doivent jamais se répéter ni rester impunis, car les âmes de nos illustres disparus continuent de réclamer justice. À cette occasion, nous en profitons pour condamner les massacres à répétition qui continuent d’endeuiller le Grand Nord et l’Ituri », a-t-il déclaré.
Lors des massacres de Kikyo, survenus dans la matinée du 14 avril 1998, plus de 300 personnes avaient été sauvagement tuées. Certaines ont été enterrées vivantes après avoir été contraintes de creuser leurs propres tombes. Les éléments de l’AFDL, soutenus par l’armée rwandaise, les avaient exécutées en représailles à une attaque des Maï-Maï contre leur position sur la colline de Kikyo, au nord de Butembo. Les victimes avaient été arrachées de leurs habitations lors d’une opération dite de ratissage, menée de manière drastique par les forces de l’AFDL.
Didy Vitava


























