Le Parc national des Virunga a annoncé le recensement de 153 hippopotames juvéniles au sein de 171 groupes observés dans les zones du sud du lac Édouard. Une donnée jugée encourageante dans une région où l’espèce a subi l’un des déclins les plus sévères du continent.
Dans une communication diffusée sur ses plateformes numériques, le Parc national des Virunga souligne que cette présence de jeunes individus pourrait indiquer une reprise progressive de la reproduction, après plusieurs années de forte régression.
Selon les données du recensement effectué en février dernier, le parc indique que, la population est aujourd’hui estimée à environ 2 700 individus, un niveau qui reste fragile malgré une tendance à la stabilisation. Le parc affirme que cette évolution reflète « l’effet combiné des efforts de conservation, du renforcement des patrouilles des écogardes et de l’usage de nouvelles technologies », souligne l’annonce.
Dans les années 1970, les hippopotames du parc constituaient l’une des plus importantes populations mondiales, avec environ 29 000 individus concentrés autour du lac Édouard. Depuis, leur nombre a chuté de près de 95 %, sous l’effet combiné du braconnage massif et de l’insécurité chronique dans l’est de la République démocratique du Congo.
Au-delà de la seule question de la biodiversité, la présence des hippopotames est souvent considérée comme un indicateur de santé des écosystèmes aquatiques. Leur rôle dans la dynamique des nutriments du lac Édouard alimente les espoirs d’un impact positif indirect sur les ressources halieutiques.
Pour certains acteurs environnementaux locaux, cette évolution constitue un signal encourageant.
« Quand les hippopotames augmentent, cela traduit souvent une amélioration de l’équilibre écologique du lac », estime un militant de la conservation de l’enclave de pêche de Vitshumbi.
Dans les associations de pêcheurs, l’information est également accueillie avec prudence mais intérêt. Certains y voient un potentiel effet bénéfique sur la productivité du lac, tandis que d’autres évoquent déjà la possibilité de développer davantage l’écotourisme dans la région.
« Nous allons profiter des merveilles de la nature. Des visiteurs viendront de partout pour venir les voir et cela va redonner une fierté à notre village” s’entouciasme Atanaze Kambale, un pêcheur de 40 ans.
Cette dynamique intervient toutefois dans un contexte encore instable. Une récente zoonose a entraîné la mort de 26 hippopotames il y’a quelques mois.
Pour plusieurs chercheurs, la consolidation de cette tendance passe par une implication plus forte des communautés riveraines. Ils estiment que la conservation ne peut être efficace sans une gestion partagée des ressources et une sensibilisation aux enjeux sanitaires et écologiques.
La rédaction


























