Au moins 1 300 familles de déplacés vivant à Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru, manquent de tout et nécessitent une assistance humanitaire d’urgence. Arrivées pour la plupart depuis le dernier trimestre de l’année 2025, ces familles ont fui l’insécurité persistante dans plusieurs villages des chefferies de Bwisha et de Bwito.
La majorité de ces déplacés, arrivés dès octobre 2025, sont hébergés par des familles d’accueil, elles-mêmes confrontées à de grandes difficultés socioéconomiques. Sans appui extérieur depuis leur arrivée, ces ménages peinent à subvenir à leurs propres besoins, et encore moins à ceux des personnes qu’ils accueillent.
« Ils sont arrivés, mais la situation n’est pas bonne. Nous manquons de quoi les nourrir et même de l’espace pour les faire dormir. Nous ne mangeons qu’une seule fois par jour. Ici, j’ai accueilli deux familles, ce qui fait un total de 21 personnes, y compris ma propre famille », témoigne Kanyere Valence, mère de famille résidant au quartier Mabungo, à Kiwanja.
Pour les déplacés, la situation devient chaque jour plus difficile. Ils évoquent un quotidien marqué par le manque de nourriture, l’absence de soins de santé et l’impossibilité de scolariser leurs enfants. Nombreux expliquent que, depuis leur arrivée à Kiwanja, leurs conditions de vie se sont détériorées, faute de moyens et d’assistance.
Face à cette réalité, le seul espoir reste l’intervention des personnes de bonne volonté et des organisations humanitaires. Par la voix de Kambale Fataki, responsable du comité chargé du mouvement de la population à Kiwanja, ces familles lancent un appel urgent à l’aide.
« Ils ont besoin de nourriture, de vêtements, d’argent et de plusieurs autres biens essentiels. Ils n’ont pas accès aux soins de santé. La plupart tombent malades et ne savent pas comment se faire soigner faute de moyens. Les partenaires humanitaires doivent intervenir rapidement pour venir en aide à ces personnes qui vivent dans une grande souffrance », plaide-t-il.
Selon ce comité, les besoins sont multiples et urgents, notamment en alimentation, en soins médicaux, en articles ménagers de base et en accès à l’éducation pour les enfants. Sans une réponse rapide, préviennent les acteurs locaux, la situation humanitaire pourrait continuer à se détériorer.
À noter que 300 de ces familles sont arrivées à Kiwanja entre juillet et début décembre 2025 en provenance des groupements Busanza et Binza. Les 1 000 autres familles ont fui en décembre dernier l’instabilité sécuritaire dans les groupements Bambo, Bukombo et Kihondo, en chefferie de Bwito.
Dans un contexte économique déjà fragile, l’absence prolongée d’assistance humanitaire met à rude épreuve aussi bien les déplacés que les familles d’accueil, désormais dépassées par l’ampleur des besoins.
Dieu-Merci Mumbere




























