Alors que le président Félix Tshisekedi a affirmé, samedi 31 janvier, son ouverture à un dialogue entre Congolais, le camp de Moïse Katumbi a exprimé sa position en posant une série de préalables qu’il juge indispensables à sa participation, mais aussi à l’instauration d’un climat de confiance propice à un dialogue sincère.
Dans une déclaration datée du lundi 2 février, Ensemble pour la République, parti politique de l’opposant Moïse Katumbi, exige comme conditions préalables à l’ouverture d’un dialogue crédible : la levée de toutes les condamnations à caractère politique, la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et d’opinion, ainsi que la fin des poursuites judiciaires instrumentalisées à des fins politiques.
À cela s’ajoutent la levée des restrictions arbitraires liées à la délivrance des passeports et à la liberté de circulation des opposants, ainsi que la cessation de toute forme de répression visant à intimider ou à exclure les voix dissidentes. Pour le parti de Katumbi, ces préalables ne constituent ni des concessions ni des marques de faiblesse, mais plutôt le socle minimal de confiance sans lequel aucun dialogue ne saurait être sincère.
Par ailleurs, Ensemble pour la République affirme qu’un dialogue entre Congolais ne peut être crédible que sous l’égide d’une médiation morale et neutre, telle que préconisée par le tandem CENCO-ECC, conformément à leur initiative du Pacte social pour la paix et le vivre-ensemble.
Lors d’une cérémonie d’échange de vœux organisée à Kinshasa avec les ambassadeurs et diplomates accrédités en RDC, le président Tshisekedi a déclaré que, si le dialogue devait se tenir, il se déroulerait sur le sol national et serait conduit et organisé par les institutions de la République, dans le respect de la Constitution, des lois du pays et des règles démocratiques qui fondent le pacte national.
Félix Tshisekedi a estimé que cette rencontre ne saurait être invoquée pour relativiser une agression ni pour diluer des responsabilités établies. Il a affirmé que la justice suivra son cours normal, avec rigueur, jusqu’au bout et sans complaisance, afin d’honorer la mémoire de celles et ceux injustement tombés du fait de l’agression.
Réagissant à cette déclaration, Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), qui prône un dialogue national dans une démarche conjointe avec l’Église du Christ au Congo (ECC), a estimé que la position du chef de l’État pourrait évoluer. Il a par ailleurs souligné que l’essentiel demeure l’existence d’une réelle volonté politique pour que l’ouverture annoncée aboutisse à des solutions concrètes.
Didy Vitava



























