Après plus d’une semaine de coupure des réseaux de télécommunication dans plusieurs entités du territoire de Lubero, au Nord-Kivu, des ressortissants de Kipese, Kitsombiro, Kirumba, Kanyabayonga et d’autres agglomérations, vivant à Butembo, dénoncent les difficultés auxquelles ils sont confrontés.
Ce mardi 27 janvier 2026, RTPA.CD a rencontré des étudiants qui poursuivent leurs études universitaires en ville de Butembo. Ces derniers ont fait savoir qu’ils éprouvent d’énormes difficultés à communiquer avec leurs familles, faute de réseaux de télécommunication fonctionnels.
Selon certains d’entre eux, les voyageurs en provenance de Lubero vers Butembo sont devenus les seuls canaux pour recevoir des frais académiques et transmettre des lettres à leurs familles, une pratique qu’ils qualifient de traditionnelle et contraignante.
“Atteindre ma famille à Kitsombiro se fait, par exemple, à travers les commerçants qui viennent s’approvisionner ici en marchandises. Je suis alors obligé de leur confier des lettres ou de leur transmettre des informations qu’ils peuvent rapporter à mes parents. En tout cas, c’est devenu un problème grave, car certains messages sont délicats et ne peuvent pas être confiés à d’autres personnes pour qu’elles les interprètent, à cause des risques de mauvaises interprétations. On peut demander à quelqu’un d’aller transmettre une information aux parents, mais celle-ci peut être déformée ou incomplète. Le réseau était le seul moyen que nous utilisions pour que l’argent m’atteigne ici à Butembo. Pourtant, nous étions déjà arrivés à un niveau de technologie avancé, mais aujourd’hui, on nous impose une situation qui ressemble à un retour en arrière,” a expliqué un étudiant.
D’autres, par contre, se disent obligés de se rendre eux-mêmes dans leurs milieux d’origine afin de rencontrer leurs proches, au prix de dépenses importantes.
Ils estiment par ailleurs qu’il s’agit d’une nouvelle forme de guerre imposée aux populations et plaident pour le rétablissement urgent des réseaux de télécommunication dans toutes les entités sous occupation.
“Actuellement, nous vivons une période chaotique. Il n’y a plus de communication avec nos parents. Ainsi, pour demander même les frais académiques, il faut toujours prendre une moto afin d’aller leur parler. Là où vous devriez dépenser 500 francs d’unités, vous finissez par dépenser plus de 20 000 francs en transport. Vraiment, nous ne nous sentons pas bien. La communication est une chose très importante pour nous qui sommes éloignés de nos parents,” a témoigné un autre étudiant.
Les territoires de Masisi et de Rutshuru sont également touchés par cette situation. À Kishanga, dans le territoire de Masisi, les usagers des services de téléphonie se disent préoccupés par la coupure des réseaux dans leur entité. Ils affirment que cette interruption des services de télécommunication perturbe gravement leur quotidien.
Emmanuel SYAVUTAWA



























