Les activités pastorales peinent à évoluer dans plusieurs villages et localités de la chefferie des Baswagha et du secteur des Bapere, dans la partie nord‑ouest du territoire de Lubero, au Nord-Kivu.
La situation est principalement liée à l’activisme accru des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), selon l’évêque du diocèse de Mangurejipa de l’Église Évangélique du Rite Africain (EERA). Fidèles et pasteurs ont fui leurs localités et paroisses pour se mettre à l’abri des massacres perpétrés par les rebelles.
« Mon diocèse n’a plus de fidèles. La seule paroisse encore active est la supra-paroisse de l’Évêché, qui fonctionne à Mangurejipa-centre. Toutes les autres paroisses sont déjà abandonnées ; les chrétiens comme les pasteurs se sont déplacés vers des localités jugées sécurisées, tandis que d’autres se sont rendus en ville de Butembo. Dans les paroisses de Kasenye, Lukando, Mausa, Sinjambale, Gelumbe, Mayeba, Kambau, Musenge et Pawanza toutes les activités sont suspendues », explique Monseigneur Mbusa Matsipa.
L’évêque de Mangurejipa indique par ailleurs que la population vit dans une psychose permanente, causée par la récurrence des attaques meurtrières des rebelles. Il précise qu’il est également difficile pour les habitants de se rendre dans les champs, les zones champêtres et les routes étant sous la menace de l’ADF.
« Tout le monde vit dans la peur. Le risque d’isolement est grand, car même se déplacer d’un village à l’autre est effrayant. Tout le monde craint de fréquenter les routes, c’est comme si nous étions confinés. Seules les autorités compétentes peuvent encore nous rassurer, car la situation est difficile. Les rebelles ont multiplié les attaques, même dans les zones où les habitants se ravitaillaient en produits vivriers. Nous ne savons même pas comment seront gérés les déplacés qui arrivent nombreux à Mangurejipa ; nous ne comptons plus que sur Dieu », a-t-il déclaré.
Depuis le 1er janvier 2026, les rebelles ADF ont multiplié les attaques dans plusieurs villages du groupement Mwenye, dans la chefferie des Baswagha. Les plus récentes ont ciblé le village Mausa, le mardi 13 janvier, et Mavwe-Mavwe, le lundi 19 janvier. Dans ces entités, plusieurs civils, dont un ancien de l’Église et l’épouse d’un pasteur de l’EERA, ont été massacrés, d’autres blessés, et plusieurs maisons d’habitation incendiées.
Selon plusieurs sources concordantes, les rebelles seraient en errance dans le groupement. Leur présence a été signalée dans la nuit de mercredi à jeudi 22 janvier dans le village Mako. Cette situation a déjà entraîné le déplacement de nombreuses familles, qui traversent malheureusement des conditions de vie difficiles dans les entités d’accueil.
Didy Vitava



























